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Apple Vs. Samsung : Une Bataille en justice aux USA

Apple Vs. Samsung : Une Bataille en justice américaineUne bataille de titans oppose Apple et Samsung en justice aux États-Unis: le premier accuse le second de plagier ses iPhone et de violer plusieurs de ses brevets.

C’est dans la Silicon Valley que se cristallise la guerre mondiale que mène Apple contre le système d’exploitation de Google et les fabricants de mobiles sous Android, Samsung en tête.
Dans sa plainte, l’américain attaque sans vergogne son concurrent coréen sur tous les fronts : «Plutôt que de développer ses produits tout seul, Samsung a choisi de copier servilement les technologies innovantes d’Apple, ses interfaces utilisateurs caractéristiques, le design de ses produits et de ses packagings, en violation des droits à la propriété intellectuelle d’Apple», peut-on lire dans le document. Pour ces faits, Cupertino réclame la coquette somme de 2,5 milliards de dollars à Samsung – du jamais vu! – et l’interdiction de vente d’une vingtaine de ses smartphones sur le territoire américain.
Dans une moindre mesure, ce procès est aussi celui d’Apple. En effet, Samsung a violemment contre-attaqué en arguant que Cepertino lui volait aussi certaines technologies clés. Et le conglomérat coréen de réclamer à son tour d’importants dédommagements.

La bataille du design

Sur la table du juge, des avocats et des jurés, le cœur des débats : une série de brevets déposés par la firme de Cupertino, avec, bien souvent, les noms de Steve Jobs et du designer Jonathan Ive, vice-président d’Apple, dans la liste des inventeurs. Une bonne partie de la plainte est liée au design des appareils: Apple estime que Samsung a violé quatre brevets dits «de modèles», qui couvrent l’esthétique des iPhone et des Pad, en commercialisant des smartphones et des tablettes très similaires. La plus étonnante des inventions accordées à Apple, le brevet D504.889 qui date de 2005, représente un iPad. O plutôt un «appareil électronique» rectangulaire, avec des coins arrondis. Un dessin qui pourrait ressembler à la quasi-totalité des tablettes du marché!

Ces inventions, qu’Apple estime être le fruit du travail de design minimaliste de Jonathan Ive, ont le don d’énerver Kevin Packingham, chef de la division «produits» chez Samsung aux États-Unis. Dans une longue interview accordée à Wired juste avant le procès, il explique que son entreprise refuse de considérer les brevets de modèles d’Apple en tant qu’invention: «Les brevets avec lesquels nous sommes aux prises […] concernent des dessins très généraux, comme un rectangle. Selon nous, il n’est pas raisonnable de se battre pour des rectangles, que ce soit considéré comme une infraction […] Les consommateurs veulent des rectangles, et nous sommes en train de lutter pour savoir si l’on peut ou non fournir un produit qui prend une forme rectangulaire.»

Florian Mueller, expert allemand de la propriété intellectuelle, réfute cette conception trop simpliste: «Il y a de la confusion sur cette question. Apple na pas de monopole sur un rectangle ou les coins arrondis, seulement sur une combinaison d’une demi douzaine d’éléments de design, dont ceux-là, mais aussi le bord argenté d’un appareil, etc.
La cour ne verra une infraction que si tous les éléments sont copiés, pas juste un ou deux.
»
Apple est de toute façon loin de se battra seulement pour ses précieux rectangles. La firme veut aussi défendre le «trade dress» de ses produits. Cette spécificité du droit à la propriété intellectuelle américain consiste à protéger les consommateurs des imitations d’un produit, y compris s’il n’est pas explicitement protégé par des brevets : la bouteille de Coca-Cola, créée par Raymond Loewy, est par exemple une icône tellement forte qu’aucune entreprise n’aurait idée de la copier. Apple estime qu’il en est de même pour ses gadgets et leur packaging, et que Samsung nuit à sa marque, à ses ventes, en les imitant de la sorte. Phil Schiller, président d’Apple en charge du marketing s’est d’ailleurs exprimé à ce sujet comme témoin, estimant que «si quelqu’un arrive avec un produit qui singe notre design et copie notre marketing, les consommateurs peuvent s’y perdre et ne plus savoir qui a conçu quel produit. Si vous volez l’apparence de l’iPhone, vous volez la valeur que nous avons générée.»

L’ombre d’Android et de Google

la bataille entre Apple et Samsung ne concerne pas que le design: l’aspect logiciel tient aussi une place importante. Et bien que le nom «Android» n’apparaisse que deux fois dans la plainte, il est évident que le système d’exploitation mobile de Google apparaît, en filigrane, aussi au cœur des discussions.
Apple a su, en la matière, particulièrement bien plaider sa cause: «le procès a été effrayant pour Samsung, car Apple a présenté des preuves incontestables montrant que son adversaire a intentionnellement plagié ses produits, qu’il ne s’est pas contenté de s’inspirer d’eux mais a bel et bien copié des fonctions précises», nous explique Florian Mueller.
L’une de ces preuves repose sur un document confidentiel d’une centaine de pages, traduit du coréen, qui montre comment, fonction après fonction, Samsung s’est sciemment inspiré de l’iPhone pour améliorer sa propre interface utilisateur, Toochwiz, surcouche que le concurrent ajoute à ses smartphones sous Android et qui a effectivement des airs d’iOS, jusqu’aux icônes!

Apple s’en prend aussi à des fonctions génériques, que l’on trouvait jusqu’à récemment dans tous les mobiles tournant sous Android. La plus emblématique est sûrement le «rebond de défilement» qui, sur iOS, indique par un mouvement élastique de l’interface que vous êtes arrivé au bout d’une page Web ou d’un menu.
Par prudence, Google n’a pas attendu ce procès pour réagir: vous ne trouverez plus ce fameux rebond, dans les nouvelles versions d’Android. À la suite d’autres batailles juridiques menées par Apple contre d’autres fabricants, il a été discrètement retiré dans Android 4.0, tout comme le «glisser pour déverrouiller», également modifié pour les mêmes raisons. Google est resté réservé durant le procès, mais pas ses juristes qui ont suivi les débats de très près. Selon son issue, Android pourrait de nouveau être modifié.

Mais pourquoi la firme à la pomme. dont l’ancien patron voulait déclencher une guerre «thermonucléaire» contre le système ennemi, n’a-t-elle pas directement attaqué Google? «Il ne faut pas oublier qu’Apple poursuit aussi Motorola Mobility, désormais une filiale de Google. Mais il y a des raisons tactiques qui font qu’il est plus logique pour Apple d’attaquer un fabricant d’appareils que le développeur du logiciel», glisse Florian Mueller. Android est un logiciel en grande partie ouvert et livré gratuitement aux fabricants de mobiles: il est donc difficile d’en limiter la diffusion ou de le bloquer…

D’autre part, Apple cherche à freiner rapidement l’érosion de ses parts de marché, qui fondent en grande partie au profit de celles de Samsung. Interdire la vente des mobiles Samsung ferait date, nuirait à l’image du coréen, et pourrait influencer les juges dans d’autres affaires … «Apple et Samsung ont lancé l’un contre l’autre plus de 50 actions dans une dizaine de pays, sur quatre continents. Dans le domaine des smartphones, celui-ci est clairement le plus grand procès à ce jour. Mais des actions plus importantes sont à prévoir». conclut Florian Mueller, qui augure pour bientôt une lutte frontale entre les deux géants californiens. La guerre des smartphones ne fait que commencer.


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