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Dessiné en Californie, assemblé en Chine

Dessiné en Californie, assemblé en ChineInventés ailleurs en USA, en Europe, …, les tablettes, smartphones et autres PC sont presque tous fabriqués en Chine. Mais ce pays ne veut plus se contenter de ce rôle de sous-traitant. Il commence à concevoir ses propres produits et même à ouvrir des usines hors de ses frontières.

Designed in California, assembled in China: dessiné en Californie, assemblé en Chine. La mention figure, en petits caractères, au dos de chaque iPhone ou iPad. Si Apple annonce la couleur en quelque sorte, cette formule s’applique aussi à l’immense majorité des produits high-tech. Conçus par des bureaux de recherche et développement situés en Europe, aux États-Uns ou à Taïwan, les produits sont fabriqués en Chine.
En effet, les grands noms de l’industrie technologique n’ont, pour la plupart, plus d’usines propres. C’est le cas d’Apple, mais aussi de HP ou d’acteurs plus récents comme Asus. Un sujet très sensible pour les fabricants: rares sont ceux qui ont accepté de répondre sur le sujet.

Pour pallier ce qui pourrait être un handicap, ils font appel à des sous-traitants. Les plus connus ont pour nom Foxconn, Compal, Pegatron ou encore ECS. Les deux premiers se partagent les deux tiers du marché de l’électronique grand public. Foxconn sous-traitant numéro un d’Apple, possède une force de frappe impressionnante grâce à ses nombreuses usines implantées en Chine et dans tout le Sud-Est asiatique (Shenzhen, Chengdu et Zhengzhou) qui comptent 920 000 ouvriers.

Un salaire mayen de 260 € par mois
Les raisons d’un tel choix sont multiples. La principale tient au coût de la main-d’œuvre, car même si les salaires commencent à progresser, ils restent extrêmement bas. Des manifestations ont d’ailleurs eu lieu à Shenzhen au début de l’année pour une augmentation du salaire minimum et la limitation de la semaine de travail à 40 heures. Mais si les salariés ont eu, en partie, gain de cause, la rémunération moyenne s’établit seulement autour de 260 € par mois. Le salaire minimum dans les grandes villes plafonne à 180€ mensuels tandis que dans les provinces du centre de la Chine, il dépasse à peine les 60 €.

Autre raison de faire fabriquer en Chine, le coût de transport est raisonnable (moins de 10% du prix de revient) et les délais de livraison gérables : trois à quatre semaines par cargo pour un container standard (coût: 3000€). Par avion, des vols quasi quotidiens assurent la liaison entre Shanghai, Pékin ou Canton, et Paris en 12 heures. Les formalités de déclaration douanières s’élèvent à 200 € et le dédouanement prend entre 24 et 48 heures. Il faut savoir que les droits de douanes sont nuls sur la majorité des produits high-tech, excepté sur les caméscopes et les baladeurs audio-vidéo (14 % environ). Pour le destinataire, seule la TVA à 19,6 % s’applique et elle est calculée sur le prix chinois. Au final, la facture pour l’industriel s’avère donc avantageuse. De nombreux fabricants utilisent une plateforme logistique située aux Pays-Bas pour desservir toute l’Europe. Le port de Rotterdam est ainsi le premier du Vieux Continent en matière de transit des cargos porte-conteneurs.

Suicides d’ouvriers an série
Inutile de rappeler que la plupart des pays ne se soucient guère des conditions de travail en Chine, souvent décriées par les ONG spécialisées. Foxconn a été particulièrement médiatisée, l’an passé, suite aux suicides en série d’ouvriers qui craquaient en raison des cadences infernales, du manque de repos et de leurs lieux d’hébergement. Autre problème sur lesquels les fabricants ferment les yeux: l’impact environnemental. Le rapport Bad Apple, rédigé par un groupement de cinq ONG (Friends of nature, The Green Beagle, Envirofriends, Greenstone, Institute of Public and Environmental Affairs) a révélé, exemples à l’appui, les ravages écologiques, liés à la fabrication des «iProduits». 27 fournisseurs présumés d’Apple sont mis en cause dans des cas de pollution de l’eau, des sols, d’intoxication au n-hexane (produit utilisé pour nettoyer les écrans]) et des cas de cancers. Le nombre de malades a explosé à Tongxin dans la banlieue de Shanghai, où est installé Kaedar Electronics, le plasturgiste qui fabrique les coques d’iPhone.

Des contrôles qualité de plus un plus sévères
La Chine n’est pas seulement l’atelier des produits finis, elle sert aussi l’industrie high-tech en composants. Ainsi TSMC, pour ne citer que le plus grand, fabrique des puces pour des grands noms tels que Asus, Broadcom, VIA ou Nvidia. Pour tous les produits, le schéma est le même: les pièces constitutives sont produites par différents fournisseurs et in fine, un seul sous-traitant, l’intégrateur, prend en charge l’assemblage final. Ce sont dans ses usines que sont effectués les contrôles qualité. Les plus sérieux font appel à des sociétés indépendantes telles que Bureau Veritas, API ou SGS qui peuvent intervenir aussi en cas d’un besoin de normes (CE, NF etc). Certains fabricants n’hésitent pas à envoyer de façon sporadique un de leurs inspecteurs, voire laissent à demeure un ds leurs ingénieurs ou techniciens chez l’intégrateur. Ils contrôlent ainsi toute la chaîne de production surtout lorsqu’ils convient un stock de pièces spécifiques. Ils veillent à ce qu’aucune ne disparaisse et ne serve à la construction de prototypes ou soient utilisés pour copier leurs idées et leurs technologies.

Des usines chinoises en Europe de l’Est
Aujourd’hui, la Chine ne se contente plus de fabriquer les matériels high-tech inventés dans les pays riches. Ils en conçoivent eux-mêmes et se mettent à construire des usines hors de leurs frontières, notamment dans les pays de l’Est, comme avant eux les japonais Sony ou Panasonic, installés en Slovaquie ou en République tchèque : les coûts de main-d’œuvre y sont bas et les économes sur le transport substantielles.
Pour autant, la production chinoise devrait contribuer à progresser. Comme l’explique Enrico Moretti, professeur d’économie à l’université de Berkeley en Californie, le pouvoir d’achat ne cesse de progresser en Chine et les grands noms de la high-tech tiennent à rester proches de cette nouvelle clientèle asiatique qui fait exploser la demande. Quitte à faire passer les économies sur la fabrication au second plan. Il ne faut donc pas s’attendre à une vague de relocalisations industrielles…

 

Foxconn, le monstre de Shenzen
Voici un, géant chinois qui était quasiment inconnu du grand public avant qu’Apple ne lui confie l’assemblage de ses iPod, puis de ses iPhone et iPad, Foxconn qui ne se limite pas à la production d’appareils à la Pomme, est pourtant l’une des plus grosses entreprises au monde: plus de 100 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2011, plus de 1,2 million d’employés et une trentaine de sites en Asie, en Europe de l’Est, au Brésil et au Mexique qui produisent à peu près 40% des appareils électroniques vendus dans le monde.
En Chine. les usines sont de véritables villes, où les employés peuvent quasiment vivre en autarcie; les appartements sont situés au-dessus des chaines de production, et on y trouve des boutiques, des lieux de détente, des équipements sportifs, etc. C’est le bon côté des choses… Car Faxconn a fait aussi les gros titres sur tes conditions de travail de ses employés: journées de travail interminables, heures supplémentaires impayées, suicides en série… Confrontée à la grogne de ses employés, l’entreprise a décidé d’augmenter le salaire de base, qui devrait être doublé d’ici 2013.


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