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Internet se mobilise contre les lois Sopa, Pipa et Acta

Internet se mobilise contre les lois Sopa, Pipa et ActaEt si Internet était le premier vecteur de contestation? La fermeture du site Megaupload et les tentatives de lois Sopa, Pipa et Acta jugées liberticides par les internautes mettent à l’épreuve leur attachement à la liberté sur le Net et la capacité de ce dernier à se mobiliser.

Devant la presse américaine, Chris Dodd, le patron de la MPAA (Motion Picture Association of America) reconnaît qu’en quarante ans de carrière, il n’avait jamais vu Washington opérer une volte-face aussi soudaine: «C’est une ère nouvelle. Attendez-vous à tout» Les votes concernant les projets de loi Sopa (Stop Online Piracy Act, introduit au Sénat en mai 2011) et Pipa (Protoct IP Act, déposé devant la Chambre des représentants en Octobre) ont été reportés: une victoire de tous les internautes soucieux de liberté estiment les adversaires de ces projets. L’idée de ces deux: projets de loi est de faire peser sur les intermédiaires de l’Internet, c’est-à-dire les fournisseurs d’accès et d’hébergement, la responsabilité de mesures de censure automatisée, prises au nom du droit d’auteur, Selon Wikipedia, ces lois sont rédigés pour défendre les seuls intérêts des majors de la musique et du cinéma et prévoient un ensemble de mesures qui mettraient en danger la liberté d’expression et le libre partage des connaissances, violeraient la vie privée des internautes et perturberaient le fonctionnement du réseau.

Wikipedia s’insurge
De nombreux internautes s’opposent à ces projets qu’ils jugent liberticides, donnant trop de pouvoir à des intérêts privés. Du coup, Internet devient la caisse de résonance de sa propre évolution.
Ainsi, le 18 janvier, pour la première fois depuis sa création il y a onze ans, le site américain de Wikipedia a-t-il fermé durant vingt-quatre heures. La page affichée contient un message : « Imaginez un monde sans libre savoir … Aujourd’hui, le Congrès des États-Unis envisage de passer une loi qui porterait un coup mortel à l’internet libre et ouvert » Wikipedia, c’est un poids lourd du Net et de la culture de partage propre à l’univers 2.0. Sur les sites Wiki, des contributeurs internautes enrichissent les contenus. Les créateurs de ce site de partage du savoir ne sont pas les seuls à s’opposer à ces projets. Des compagnies comme Microsoft ou Facebook s’insurgent aussi. Tous protestent contre ces deux projets de loi qui durcissent les contrôles sur les contenus d’Internet.

Acta, une loi européenne cyber-contestée
En Europe, l’Acta (Anti-Counterfeiting Trade Agreement Ou accord commercial anti-contrefaçon) est en butte à une cyber-contestation similaire à la démarche américaine, reproduite à l’échelle européenne. Mais le projet Acta poursuit sa route. Quelques jours après les manifestations en ligne contre les projets de loi anti-partage Sopa et Pipa aux États-Unis, la cérémonie de signature de l’Acta par les pays de l’Union européenne à Tokyo le 26 janvier dernier inquiète une large partie des internautes qui veulent croire à un rejet de cette loi. Chaque étape de la procédure de ratification qui conduira au vote final au Parlement européen (au plus tôt en juin 2012) sera l’occasion de nouvelles cyber-protestations.

«Ces demiers jours, on assiste à des manifestations très encourageantes de la part de citoyens polonais ou du reste de l’Europe, qui s’inquiètent des conséquences d’Acta sur la liberté d’expression, l’accès aux médicaments, ainsi que le partage de la culture et de la connaissance. Cet important mouvement va prendre de l’ampleur», déclare Jérémie Zimmermann, porte-parole de l’organisation citoyenne La Quadrature du Net. Cette contestation est fortement relayée par les médias. Le Monde, dans son numéro du 24 janvier, y a consacré une page complète: «La guerre ne fait que commencer, mais la Silicon Valley, les geeks libertaires et les blogueurs de l’Amérique profonde ont remporté une victoire politique mémorable sur la « vieille économie » d’Hollywood et des médias classiques.»

Trois facteurs concourent à la cyber-protestation mondiale contre les tentatives pour mettre au pas Internet : après les projets réglementaires Sopa, Pipa et Acta, la fermeture par le FBI du site de téléchargement Megaupload a ravivé les tensions. Or, ce site est le huitième dans le monde à être consulté et représentait 4 % du trafic mondial d’Internet. Une part de gâteau au passage qui attise les convoitises, notamment celles des majors d’Hollywood qui semblent découvrir tardivement les vertus du DDL (Direct Download ou téléchargement direct) pratiqué par Megaupload et d’autres sites de partage. Avec ces sites, fini le peer-to-peer. Le téléchargement direct a plus que doublé face au peer-to-peer, d’où le succès de ces sites. Officiellement, Megaup1oad a été fermé pour préjudices financiers (pour plus de détails). Mais des voix s’élèvent, toujours sur le Net, pour donner une autre version. le projet Megabox, comme il avait été baptisé, était censé proposer un modèle économique alternatif à celui des géants du téléchargement légal, type iTunes. Ce service prévoyait, en outre, de rétribuer les artistes à hauteur de 90% des sommes perçues. Comment? Grâce à un modèle appelé MegaKey, dont le principe aurait consisté à installer un logiciel permettant de remplacer jusqu’à 15 % des publicités vues par l’internaute par d’autres, plus ciblées, produites par MegaClick, la régie publicitaire de Megaupload. Ce principe, censé augmenter la manne des revenus publicitaires, devait donc permettre de générer les revenus suffisants pour rétribuer les artistes téléchargés.

Le bras armé de la cyber-révolte
Enfin, dernier facteur concourant à cette gigantesque vague de cyber-protestation perceptible sur le Net en ce début d’année, les Anonymous. Ce collectif, connu depuis 2008 mais existant avant, constitue le bras armé de la cyber-révolte. Leur mise en scène très visuelle de l’anonymat participe à leur notoriété. Désormais, une majorité de manifestants « Anons » (diminutif de Anonymous) descendent dans la rue le visage caché par le masque de Guy Fawkes, qui fait maintenant partie intégrante de l’iconographie Anonymous. Ils disposent de sympathisants sur l’ensemble de la Toile et sont parfaitement organisés, via des outils de partage discrets et efficaces.


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