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Liseuses & livres numériques : Situation & avenir en France

Liseuses & livres numériques : Situation & avenir en FranceCette année 2013 pourrait être celle du livre électronique. Après tout, les liseuses sont plus performantes que jamais et les catalogues enfin conséquents. Entre technologie et choix économiques, voici un point sur la situation des liseuses et du livre numérique en France.

Même si la technologie est disponible depuis près de 10 ans, l’encre électronique n’a vraiment décollé en France qu’avec l’arrivée du géant Amazon et de son Kindle il y a maintenant un peu plus d’un an. Depuis, la technologie e-ink déjà convaincante a encore progressé. Les pages se chargent plus rapidement, le contraste est plus élevé et les dernières liseuses comme la Kindle PaperWhite ou la Kobo Glo permettent même de lire dans le noir !
Sur le papier, les liseuses sont donc l’appareil parfait pour le lecteur. Toutefois, l’adoption n’a pas été aussi massive que l’on pouvait l’imaginer et les chiffres de vente mondiaux sont il la baisse. Le coupable le plus évident est la tablette. À l’origine plutôt encombrantes, ces dernières sont de plus en plus nomades. Bien qu’Android ait ouvert la marche, c’est Apple et son iPad Mini qui ont véritablement démocratisé le format compact. Au point même de cannibaliser les ventes des tablettes 10 pouces ! Moins chères et moins encombrantes, ces modèles nomades semblent s’approcher de la définition d’un appareil universel idéal. Si le raisonnement se tient, la lecture sur tablette est tout de même nettement moins agréable que sur une liseuse. Rétro-éclairage oblige,
la fatigue visuelle est réelle sur un écran LCD. Même si certaines astuces comme l’utilisation de tons sépia pour le fond de page permettent de 1imiter les dégâts, l’e-ink reste nettement moins fatigante pour les yeux. La très faible consommation électrique de liseuses est aussi un avantage indéniable avec désormais près d’un mois d’autonomie moyenne. En l’état, la tablette est plus un complément de la liseuse qu’un concurrent réel. Elle permet par exemple d’accéder à d’autres types de contenus autrefois cantonnés au papier, la bande dessinée étant l’exemple le plus flagrant. On se demande toutefois si la liseuse ne risque pas de subir le même sort que le lecteur MP3, supplantée par des appareils plus polyvalents.

Tout dons le Cloud
Si le matériel a été bouleversé par la démocratisation des tablettes, on ne peut pas en dire autant pour les vendeurs de contenus. En France, Amazon, la Fnac et Apple restent sans surprise les acteurs principaux du marché. Bien entendu, il existe quelques portails plus petits et des éditeurs vendant directement leurs ouvrages mais il faut bien avouer que leur importance reste pour le moins mineure. Outre un catalogue souvent plus riche, passer par un «grand» acteur a de nombreux avantages. Le premier d’entre eux est de pouvoir faire migrer aisément tous ses achats vers une nouvelle liseuse ou encore d’autres appareils. Tous les grands vendeurs d’e-books proposent en effet des applications Android et iOS pour profiter de ses achats sur une tablette ou un smartphone. Si comme on le disait précédemment, ce mode de consommation n’est pas idéal pour un gros lecteur, il peut se révéler pratique pour lire quelques pages lorsque l’on n’a pas sa liseuse sur soi. Cette centralisation est souvent bien pensée, avec une synchronisation des marque-pages mais aussi des notes que l’on a ajoutées. Nous vous conseillons donc de choisir un vendeur et de vous y tenir, ne serait-ce que pour ne pas avoir à se souder d’éventuels problèmes de format de fichiers entre le marchand et votre liseuse ou encore tout simplement pour garder le fil de vos achats.

Toujours aussi cher
Au lancement du Kindle, le prix des e-books était trop élevé. Ce problème est malheureusement toujours présent. En cause, une politique des éditeurs qui ne change pas. Le 1ivre électronique est une vache à lait que l’on se doit de traire au maximum tout en évitant qu’il vienne cannibaliser les ventes des livres papiers. Les prix sont maintenus à des niveaux ridiculement hauts: comptez 5 euros pour une nouveauté vendue 20 euros en librairie. C’est une bien maigre différence quand on calcule les économies réalisées par l’éditeur et la vente directe. Pis, un livre de poche est souvent vendu moins cher que sa version numérique. Une aberration quand on sait que les frais de fabrication et de distribution représentent en général 50% du prix d’un ouvrage! Des choix éditoriaux douteux sont même conservés en passant du papier à la version numérique. Un exemple frappant est la version française de Game Of Thrones. Il vous faudra débourser plus de 150 euros pour lire les aventures numériques des Lannister et autres Stark en Français. Les cinq mêmes tomes sent vendus 25 euros en version anglaise. Autant dire qu’avec une politique de ce genre on peut comprendre pourquoi le piratage des livres électroniques est en pleine explosion. La faute incombe bien sûr au prix unique du livre électronique. Comme pour son équivalent papier, les revendeurs n’ont pas le droit de dévier de plus de 5% du tarif imposé par l’éditeur. Ces derniers souhaitant protéger à tout prix le juteux marché du livre de poche et dans une moindre mesure les libraires indépendantes. En l’état, le livre numérique français ne profite donc pas encore de ce qui devrait être son principal avantage: un prix attractif.
À ces choix économiques s’ajoute aussi un certain flou quant à l’avenir du taux de TVA réduit sur le livre numérique. Actuellement fixé à 7%, il est fortement contesté par la Commission Européenne qui souhaiterait sa disparition. Si ce scénario se réalise, on risque d’assister à un exode de vendeurs en ligne vers d’autres pays européens comme le Luxembourg où est déjà installé Amazon… Certains éditeurs semblent pourtant avoir compris que le numérique a de l’avenir. Bragelonne, maison d’édition spécialisée dans la science-fiction, a par exemple proposé de manière ponctuelle 100 titres à un euro. Ces derniers se sont extrêmement bien vendus (30 000 exemplaire en une journée) ce qui prouve que le prix est un facteur important pour le consommateur.

La France encore à la traîne
Évidemment, il serait impossible pour les éditeurs français de bloquer le passage au numérique. Force est de constater que même s’ils n’y sont pas arrivés, les éditeurs ont tout de même réussi à sérieusement ralentir le mouvement. Le principal point de blocage est bien entendu le prix, maintenu à des niveaux artificiellement hauts par la loi sur le prix unique et l’aveuglement des maisons d’édition. Entre des liseuses toujours plus perfectionnées et des tablettes qui se démocratisent, tout est pourtant prêt pour une véritable explosion de l’e-book en France. Particulièrement pour les vacances, le 1ivre électronique est une évidence. On transporte des milliers d’ouvrages en quelques centaines de grammes, le confort de lecture de jour comme de nuit est meilleur que sur papier (notamment pour ceux qui ont des problèmes de vue) et où que l’on soit, on peut acheter un livre à tout moment.


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