4G en France : Du retard et iPhone 5 incompatible Reviewed by Momizat on . Rating:

4G en France : Du retard et iPhone 5 incompatible

Réseau 4G en France : Du retard et iPhone 5 incompatible

Les pays compatibles (ou pas) avec la norme 4G de iPhone 5

 

Alors qu’Apple lance un nouvel Phone compatible avec la 4G, le très haut débit mobile n’est toujours pas opérationnel dans l’Hexagone.

Phil Schiller, 1e vice-président d’Apple, était tout fier de l’annoncer le 12 septembre: l’iPhone 5 est compatible 4G! En France, on se réjouit aussitôt de pouvoir utiliser ce nouveau smartphone sur le futur réseau téléphonique de quatrième génération (4G) dont les débits théoriques sont équivalents à la Fibre optique (100 Mbit/s). Las! Il faudra très vite se rendre à l’évidence en épluchant les caractéristiques techniques de l’appareil : l’Phone 5 ignore tout simplement la 4G française.

En effet, le smartphone ne fonctionne pas avec les deux bandes de fréquences allouées à cette technologie en France et en Europe, celles des 800 et 2600 MHz. Il est conçu pour les réseaux 4G nord-américains et asiatiques qui en exploitent d’autres. Car la 4G peut potentiellement être déployée sur 35 bandes de fréquences différentes, soit trois fois plus que la 3G. Or il n’existe pas, à ce jour, de puce radio capable de toutes les prendre en charge.

Les grands fabricants négligent l’Europe

Apple a décidé de servir en priorité l’Amérique du Nord puis l’Asie, et ce n’est pas la première fois qu’il fait ce choix. L’iPad, sorti en mars 2012, ne fonctionne en 4G qu’en Amérique du Nord. Pour ne pas être accusé d’induire sas clients en erreur, la firme a dû supprimer l’appellation iPad «4G» dans de nombreux pays. «Apple reste centré sur le marché américain», souligne Stéphane Dubreuil, analyste chez Sia-Conseil. Et pour cause: 60% des 40 millions d’abonnés 4G dans le monde résident aux USA (source ABI Research). La zone Asie-Pacifique représente 37% des utilisateurs de 4G. À côté, l’Europe fait pâle figure. Les pays les plus actifs sont la Suède, pionnière de la 4G, avec 130000 abonnes, suivie de l’Autriche (80 OOO). La France, elle, est encore bien loin! Le démarrage commercial n’est prévu que pour le premier semestre 2013. Il n’empêche, les opérateurs français auraient bien aimé qu’Apple n’oublie pas le Vieux Continent. «J’ai dit à Tim Cook que c’était important pour nous d’avoir vite un iPhone 4G européen», confiait en juin dernier le PDG d’Orange, Stéphane Richard, aux journalistes François Sorel et Jérôme Colombain (de La Chaîne Techno). Visiblement, cela n’a pas suffi à convaincre le géant de la high-tech… qui a préféré miser sut les pays où la 4G est déjà bien développée.

Les opérateurs rechignent à investir

L’Europe paie l’étroitesse de son marché 4G et le retard des mauvais élèves comme la France. Pourtant, c’est bien la Suède qui a lancé la première offre commerciale 4G au monde en décembre 2009. Les États-Unis n’ont démarré qu’un an plus tard. La Suède a été rejointe en 2011, puis 2012 par la Finlande, le Danemark, la Norvège, l’Allemagne, l’Autriche, la Pologne et le Portugal. En Grande-Bretagne, le lancement est prévu pour la fin de l’année.

L’Espagne, l’Italie et la France n’ont attribué leurs fréquences 4G que durant le second semestre 2011. Il existe plusieurs raisons à ce manque d’empressement. L’une d’entre elles est la bonne qualité du réseau 3G actuel. «Aux USA, la couverture 3G est déplorable alors qu’en France, nous couvrons plus de 98% de la population», relève-t-on chez Orange.

Mais la raison principale est que les opérateurs français souhaitent amortir au maximum leurs importants investissements dans la 3G. Une technologie qu’ils ont sans cesse cherché à améliorer. La totalité de leur réseau délivre un débit théorique de 7,2 Mbit/s et près de 80% est à 14,4 Mbit/s. En ce moment, les opérateurs français mettent le paquet sur la 3G+ (ou H+ chez Orange) à 42 Mbit/s. Orange et SFR promettent de couvrir 60% de la population à ce débit d’ici à la fin de l’année. Ça tombe bien: l’iPhone 5 est l’un des rares smartphones compatibles avec le 42 Mbit/s. A défaut de 4G, les opérateurs vont donc pouvoir le vendre avec des forfaits estampillés «très haut débit».

En plus de l’argent déjà dépensé pour la 3G. Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free ont déverser 3,6 milliards d’euros à l’État pour acquérir les fréquences 4G. À cette somme s’ajoute le coût du déploiement sur le territoire français. Des dépenses colossales qui incitent les opérateurs à avancer prudemment. Orange, SFR et Bouygues Telecom sont aujourd’hui officiellement en phase d’expérimentation.

La Mairie de Paris fait de la résistance

Les trois principaux opérateurs testent la 4G sur Lyon, Marseille et Montpellier. Ils y ont recruté des centaines de testeurs au cours de l’été et étudient attentivement leurs comportements en condition réelle. Le lancement commercial de la 4G, attendu pour début 2013, n’aura lieu, dans un premier temps, que dans ces trois villes. D’autres agglomérations suivront au cours de l’année prochaine. Mais Paris ne fera pas partie de cette première fournée. Si la capitale passe après las grandes métropoles régionales, ce n’est pas à cause de problèmes techniques, mais pour des raisons politiques et sanitaires: la Mairie de Paris a en effet décidé de réduire au maximum les émissions d’ondes mobiles. «Les relations avec la Mairie sont tendues. C’est très compliqué de travailler à Paris» se plaignent en «off» les opérateurs.

Ces derniers doivent, en effet. demander des permis de construire pour mettre à niveau leurs installations: sans parler des renouvellements de baux. Or, sous la pression des associations comme Robin des Toits ou celles des riverains, des élus refusent de délivrer les autorisations nécessaires. La situation pourrait toutefois se débloquer: la municipalité et les opérateurs se sont mis d’accord, le 18 septembre, sur «la rédaction d’un projet de nouvelle charte». Si ce projet aboutit, la Mairie de Paris devra instruire les demandes d’installation dans un délai maximum de quatre mois.

Le régulateur prend sen temps

Il y a une solution pour accélérer le déploiement de la 4G en France: autoriser cette technologie sur la bande des 1800 MHz… mais ces fréquences sont actuellement dédiées à la voix (2G). Si on les réaffectait à la 4G, cela faciliterait la tâche des opérateurs qui pourraient alors réutiliser une partie des installations existantes. Encore faut-il que les autorités donnent leur accord.

En Europe, c’est déjà le cas en Allemagne et en Grande-Bretagne. Du coup, ces deux pays vont profiter de l’iPhone 5 en 4G. Mais la réaffectation a des conséquences sur le marché, car elle bénéficie aux opérateurs les mieux dotés sur la bande des 1800 MHz. Au Royaume-Uni, Everything Everywhere, filiale commune d’Orange et de T-Mobile, va ainsi damer le pion à D2 et Vodafone en lançant la première offre 4G du pays a Noël. En France, Bouygues Telecom veut profiter de l’aubaine, car son réseau a été construit, dès le départ, en 1800 MHz. L’opérateur a saisi le régulateur des télécoms (Arcep) afin de pouvoir exploiter cette bande de fréquences en 4G. Le régulateur a lançait une consultation publique, afin de recueillir las avis des différents acteurs concernés. Orange et SFR s’y opposent. Ils ont moins de fréquences 1800 MHz que Bouygues et en ont encore besoin pour la voix. Près de la moitié du parc mobile en France est composé de téléphones 2G. «On vient de payer très cher nos fréquences 4G. Libérer les 1800 MHz serait un avantage concurrentiel pour Bouygues», se plaint-on chez Orange. Étrangement, l’Arcep a décidé de prendre son temps. «Nous avons huit mois pour répondre», explique son porte parole, Jean-François Hernandez. La 4G en France, ce n’est donc pas pour tout de suite.


Laisser un commentaire

Retour en haut de la page
prettyPhoto[mom_slideshow]post_feature )){ } elseif (function_exists( prettyPhoto[mom_slideshow]post_feature ?php } else { ?)){ } elseif (function_exists(post_feature ?php } else { ?)){ } elseif (function_exists(