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TV Connectée : Tendance en faveur du téléspectateur

TV Connectée : Une tendances en faveur du téléspectateurÀ la recherche de nouveaux arguments pour vendre des téléviseurs, les constructeurs misent désormais sur l’accès à Internet. Non, il ne s’agit pas simplement du surfer sur le Web mais plutôt d’une véritable révolution dans notre rapport à la télévision. Petit tour d’horizon des possibilités plus vastes qu’on ne l’imagine.

Surfer sur une TV, voilà bien une idée saugrenue, et pourquoi ne pas écouter de la musique sur son grille-pain tant qu’on y est? En effet, de prime abord, l’accès à Internet n’a pas vraiment beaucoup de sens. Consulter des pages depuis le fond de son canapé peut paraître confortable mais quand il s’agit de rentrer l’adresse d’un site à l’aide d’une télécommande à l’ancienne, c’est déjà une autre paire de manches! Il faut aussi compter avec les possibles incompatibilités actuelles et futures. En sachant que même les tablettes actuelles ne sont pas, toutes forcément capables de lire du flash, on se dit que le pari est risqué pour un téléviseur dont la plateforme est loin d’être aussi aboutie.
Et puis enfin, le surf, avouons-le, est quelque chose d’assez personnel. À de rares exceptions, on n’a pas forcément envie de partager par défaut le contenu de sa page avec tous les membres de la famille. Sans forcément penser immédiatement au contenu gentiment estampillé «adulte», des tâches aussi simples que chercher un restaurant pour une soirée romantique, consulter des offres d’emploi ou les sites des agences immobilières peut soulever au sein de la famille plus de débats que nécessaire. Mais on aurait tort de réduire la TV connectée à ce simple usage, d’ailleurs très accessoire, quand on voit l’immense panel de possibilités qui s’offrent à ceux qui savent se servir correctement des nouvelles possibilités.

Reprendre le contrôle
La télé connectée, vous êtes déjà nombreux à vous laisser tenter. Alors que les ventes de téléviseurs sont en retrait de 20%, la part des TV connectées a progressé de 13% l’année dernière. En outre, selon les constructeurs, 70% des utilisateurs connectent effectivement leur téléviseur à Internet, par le WiFi ou le réseau filaire pour télécharger du contenu. Et de contenu, il en est question! Puisque le surf en soi n’a pas grand intérêt sur un écran géant, les constructeurs misent sur un marché applicatif adapté. Sur les téléviseurs connectés, on trouve aujourd’hui des familles complètes d’applications, qu’il s’agisse de Widget, de petites applications informatives s’affichant en supplément du film regardé ou de jeux vidéo voire de vidéo à la demande. C’est sans doute à ce dernier point auquel on devrait être le plus attentif. En effet, notre façon de consommer du contenu télévisuel évolue. Le rendez-vous familial devant le poste à une heure imposée par une chaîne nationale appartient à un autre âge. Aujourd’hui, on regarde le contenu que l’on veut, quand on le veut. Et en cela, la TV connectée répond parfaitement à nos attentes. À quoi bon attendre le mercredi soir pour voir une saison 3 mal doublée de notre série préférée retransmise dans le désordre le plus total quand la saison 4 diffusée la veille sur une chaine US est déjà disponible en VOD, en HD et sans les pubs? Idem pour la télé de rattrapage. Vous tenez absolument à voir la dernière édition de Xenius sur Arte? Si vous l’avez raté, elle est disponible une semaine encore sur l’application WebTV de la chaîne. Au-delà de la fourniture de contenu, l’intérêt premier de la TV connectée est de remettre le téléspectateur aux commandes et les chaines de télévision ont du mal à l’accepter.

La TNT 2.0
Revenons sur les propos de Pierre Lescure en 2012, chargé par le gouvernement d’une mission de concertation sur la culture face aux enjeux du numérique: «Avec la TV connectée, le piratage sera inarrêtable.» En réalité, ce que Lescure veut surtout nous dire c’est qu’avec la TV connectée, c’est surtout beaucoup d’argent qui s’évapore faute de revenu publicitaire immédiat. Difficile en effet de vendre des paquets de lessive entre le JT et Julie Lescaut quand l’information a été diffusée sur le Web tout au long de la journée et quand le téléspectateur regarde Sons of Anarchy en VO via une application de TV connectée… D’ailleurs, assez cyniquement, la plupart des efforts de recherche consentis autour de la TNT 2.0 tournent autour de la monétisation, du contrôle et de l’espace publicitaire. Cette évolution de la TNT s’appuie en fait sur une combinaison du flux vidéo traditionnel et du flux numérique venant d’Internet. L’idée est d’enrichir le contenu du programme diffusé par des informations supplémentaires et en cela, l’exploitation de HbbTV par France Télévision est exemplaire. La mise à jour de cette TNT 2.0 vise désormais à assurer le contrôle des chaines de télévision sur toute cette interactivité, en monétisant des votes payants sur les programmes de télé réalité ou en contrôlant des espaces publicitaires supplémentaires. D’ores et déjà, les fameux DRM (digital right management) tant décriés par ailleurs pour leurs gros problèmes d’inter-opérabilité sont de la partie. Bref, on sent hélas que la TV connectée ne sera pas l’espace de liberté tant souhaité par les uns et tant craints par les autres.

Une offre qui s’organise
Concrètement, quel est le paysage actuel en matière de télévision connectée? Après des débuts hésitants, les constructeurs semblent avoir enfin compris que ce n’est pas en restant dans son coin et en proposant deux courses de voiture, des fiches cuisines et trois vidéos de fitness que l’utilisation de la TV connectée allait décoller. Afin d’étoffer leur offres, les constructeurs se sont désormais regroupés. On trouve ainsi l’alliance Smart TV qui comprend aujourd’hui les marque LG, Philips, Toshiba, Sharp, Panasonic et Loewe. En se mettant d’accord autour d’une plateforme commune, les constructeurs facilitent la vie des développeurs d’applications et nous ne pouvons que saluer cette stratégie. De leur côté, Sony et Samsung continuent à jouer dans leurs coins respectif. Il faut dire que les deux géants de l’industrie de l’écran plat ont chacun leurs ambitions quant à la TV connectée. Sony pousse évidemment son SEN (Sony Entertainment Network), également présent sur la gamme PlayStation. Sur les TV connectées de Sony, il est naturellement possible d’acheter des films à la demande mais aussi de souscrire un abonnement illimité à de la musique en streaming. Samsung de son côté vise l’interaction entre ses différents appareils, et notamment la gamme Galaxy. Malgré cela, le nombre d’applications pertinentes peine à décoller. Parmi les usages les plus aboutis à ce jour, les réseaux sociaux se taillent la part du lion. On pourrait penser là aussi que Facebook et Twitter correspondent plus à un usage privé. Il suffit de se rendre sur Twitter un vendredi soir pour observer le nombre de Tweets impressionnant concernant des programmes comme Koh-Lanta pour se dire que les gens y voient un intérêt certain. Encore récemment, on a été surpris de voir un Live Tweet, quasiment réplique par réplique, du Dîner de Con de Francis Weber, pourtant vu et revu des dizaines de fois. Allez comprendre…

Le vidéo-club du futur
Au-delà des réseaux sociaux, l’intérêt de la TV connectée réside dans les possibilités qu’elle offre de «consommer» de la vidéo différemment. Commençons par le plus évident : la télé de rattrapage. Aujourd’hui, la plupart des modèles en rayon disposent des solutions de rattrapages suivantes: MyTF1, France Télévision (Pluzz), M6 et W9 replay, Arte, BFM TV et Euronews. Sur certains modèles, on trouve aussi Direct 8 et NRJ12. De loin, la meilleure implémentation que nous ayons vue reste Arte.
Concernant la vidéo à la demande, il y a souvent l’embarras du choix. Alors qu’AceTrax représentait il y a quelques temps le gros des vidéos disponibles sur les Smart TV, l’offre actuelle est enfin plus étoffée, avec notamment FilmoTV, CanalPlay et VidéoFutur. En second rideau, on trouvera MyTF1 VOD et Univers Ciné, ce dernier étant plus axé sur le cinéma d’art et d’essai. On paie quelques euros par films, mais la qualité n’est pas toujours exceptionnelle, même lorsque le fournisseur prétend être «HD». Sur le plan de la qualité d’image d’ailleurs, le SEN de Sony caracole toujours en tête, avec son rendu très convaincant mais qui se paie en temps de téléchargement, évidemment.
Toutefois, il y a encore plus intéressant que la VOD : la SVOD (Subscription Video on Demand). Dans ce cas, l’utilisateur paie un abonnement annuel ou mensuel. C’est une option logiquement très intéressante pour les gros consommateurs de séries. Chez FilmoTV par exemple, l’abonnement mensuel est à 10 euros environ. Chaque mois, cela donne accès à 450 films sélectionnés et vous pouvez aussi piocher une des nouveautés gratuitement. Pas de série donc, a priori. Pour cela, il faut aller chercher du côté de Canal Play Infinity, à sept euros par mois avec là une cinquantaine de séries en libre accès en plus d’un catalogue de films impressionnant. Seulement voilà, si Canal Play Infinity est disponible sur tablettes et ordinateurs, l’offre ne l’est toujours pas sur les différentes plates-formes Smart TV. C’est d’autant plus dommage que le succès d’un Netflix (basé sur le même principe de fonctionnement) outre-Atlantique devrait inciter nos puissantes sociétés de productions hexagonales à faire de même. Mais il n’en est rien. La demande en France est telle qu’un site (netflixfrance.fr) vous explique pas à pas comment s’abonner au service depuis la France en cachant adroitement son adresse IP. Un comble de devoir se cacher pour consommer en payant!


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