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Cloud-Gaming : Comparatif des offres jeux vidéo à la demande

Cloud-Gaming en France : Comparatif des offres jeux à la demande

Désormais réalité en France, le Cloud Gaming, ou jeux à la demande, prend d’assaut les box des fournisseurs d’accès Internet. Pour comprendre vers quel opérateur se tourner, nous avons décortiqué toutes leurs offres. Alors, faut-il craquer pour le jeu en streaming aujourd’hui?

La guerre est déclarée. Alors que le marché du jeu vidéo est déjà grignoté par les jeux iPhone et Android, ainsi que par les jeux sociaux (Facebook), les constructeurs de consoles doivent désormais faire face à une nouvelle menace, émergente, balbutiante, en attente d’exploser: le Cloud Gaming. En effet, avec l’arrivée de la Bbox Sensation de Bouygues, avec les efforts fournis par SFR pour moderniser son offre, voire avec les projets à court terme d’Orange, chaque fournisseur d’accès Internet (FAI} fourbit actuellement ses armes pour une bataille qui pourrait redéfinir le visage du marché vidéoludique. Mais avant cela, il est nécessaire de saisir les enjeux de cette prochaine révolution. Explications.

UN MARCHÉ ÉMERGENT
Il serait aisé, peut-être trop, d’opérer des parallèles entre les marchés de la musique à télécharger, de la VoD (Vidéo à la demande} et du Cloud Gaming. Pourtant, en France, le dématérialisé prend de plus en plus le pas sur le physique. Par exemple, en 2011, on a constaté une augmentation de 23,9% des téléchargements de musique (pour une baisse de 13% des ventes de CD) et une progression de 12% de la VoD alors que l’achat de B1u-ray recule, lui, de 8%, Avec une tendance de fond aussi lourde, il semble étonnant qu’Orange, Bouygues ou SFR n’aient pas réagi plus vite pour imposer leurs services. Pourquoi cette lenteur dans la mise en place du Cloud Gaming? Tout simplement parce que le taux d’équipement en fibre optique – nécessaire pour obtenir les meilleurs résultats graphiques, ainsi qu’une bonne fluidité – est encore inférieur à 20% en France, l’Hexagone posant des problèmes historiques et géographiques récurrents d’installation. Aux USA, le taux de pénétration approche les 40%, permettant à des Netflix (pour la VoD) ou des Gaikai ou des OnLive (Cloud Gaming) de ne pas se préoccuper du flux propulsé hors de leurs serveurs. Mais cela, tous les fournisseurs le savent: le cloud gaming n’en est encore qu’à ses débuts, une sorte de test grandeur nature, et ne sera pleinement efficace que dans deux ou trois ans. Néanmoins, tout le monde se prépare. Reste que le premier pas, convaincre les éditeurs, n’a pas été simple. Il y a encore deux ans, «Il fallait batailler avec eux» explique la représentante de SFR, «aucun n’y croyait ou ne voulait s’engager dans cette voie». Normal, aller dans ce sens aurait signifié se mettre à dos les détaillants et les revendeurs spécialisés, ceux-là même sur lesquels les éditeurs se reposent pour écouler leurs stocks.

HISTOIRE DE CONCURRENCE
«Notre but n’est évidemment pas de concurrencer les consoles», c’est la phrase qui revient constamment aux lèvres des responsables chez Bouygues et SFR. D’ailleurs, pour le moment, il est évident qu’ils n’en ont pas encore les moyens: catalogues orientés joueurs occasionnels, jeux gamer vieux d’un à deux ans… Ce que visent les FAI, c’est d’abord de devenir un service d’appoint, une console pour ceux qui n’en ont pas, une manière de proposer du jeu vidéo comme ils proposent des films à streamer. Du jeu vidéo en service, l’idée peut raire rêver ou au contraire effrayer. En tout cas, elle interroge notre façon de consommer le jeu vidéo. Qu’arrivera-t-il si les serveurs ferment? Si le fournisseur de cloud fait faillite? Chez SFR, on se veut rassurant: «Les données sont sur nos serveurs. Dans le cas improbable où G-cluster (fournisseur de solution cloud pour SFR) disparaît, il y aura toujours un moyen de les récupérer pour ne pas léser le client». Oui, mais à une époque où les erreurs et piratages de serveurs se multiplient (l’affaire PSN et l’attaque de ses serveurs date d’il y a un an), on peut comprendre les interrogations légitimes des joueurs. Pourtant, les démarches des deux grands paraissent honorables. «Nous travaillons aussi avec des indépendants», explique la représentante de SFR, «comme Bulkypix (Jazz : Trump’s Journey), que nous poussons en avant. Nous proposons certains de leurs titres originellement pensés pour l’iPad». Le but serait-il de devenir éditeur? «Non, ce n’est pas notre métier.» Ça a le mérite d’être clair! Mais alors vers quoi tend le futur?

DE NOUVELLES OPTIONS
Évidemment, les sections R&D de Bouygues et de SFR planchent déjà sur de nouveaux genres à intégrer, des MMORPG surtout. Les micro-transactions usuelles propres à ce type de jeu, voire les abonnements, seraient de véritables mannes pour les FAI. Du côté des technologies, c’est en direction du multi-écran que tous lorgnent. Déjà présente sur la Bbox Sensation pour la VoD (on passe le film de la télé à la tablette), cette option permettrait, de la même manière que sur la Wii U, de continuer sur iPad ou autres, une partie commencée sur la télé du salon. D’après des sources, cette fonctionnalité serait disponible d’ici à l’horizon 2014. D’ailleurs, selon Ivan Lebeau, General Manager France de Playcast France, fournisseur de la solution Cloud de Bouygues, la plupart des jeux pourraient facilement être transférables sur tablette, en aménageant l’interface. Sans doute en contrepartie d’une légère perte de sensibilité dans les commandes. Toujours selon Ivan Lebeau, les jeux de course se prêteraient particulièrement bien à ce genre de portage. On ne demande qu’à voir.
Beaucoup de projets donc, beaucoup d’envie, mais avant de tirer des plans sur la comète, ou d’imaginer des futurs entièrement dématérialisés, nous avons voulu nous assurer de la qualité et de la pertinence de ces offres FAI, Le banc d’essai, c’est tout de suite…

 

Comparatif des offres Cloud-Gaming ou jeux vidéos à la demande en France : SFR NeufBox Vs.  Bouygues BBox Sensation Vs. Free Box Revolution

 

LA NEUFBOX DE SFR
Fournisseur Cloud: G-cluster

SFR NEUFBOX Cloud Gaming : Offre jeux à la demande

  • Le service
    Lancé il y a un an et demi, le cloud Gaming de SFR a «essuyé les plâtres» pour Bouygues. Cela se ressent légèrement sur son service à l’interface très classique, et au rubriquage très succinct. On trouve les tops habituels (avec des jeux casual en tête, dont le fameux Farming Simulator 2011), des options de contrôle parental liées au PEGI, la sélection de SFR, etc. Efficace, mais on note surtout que de nombreux genres ne sont pas (encore) intégrés. Pas de RPG, pas de FPS, pas de courses auto. L’absence des deux derniers genres est assez logique, puisque très exigeants en termes de latence. Le bon point, c’est de proposer des démos de dix minutes pour chaque jeu, même si, pour certains titres, ce laps de temps est vite monopolisé par des cinématiques. Enfin, cloud oblige, il est possible de passer sa sauvegarde d’une partie du PC/Mac à la télévision, et vice versa.
  • Les offres
    La première cible de SFR est le casual gamer. D’où une majorité de titres orientés grand public, des Rise of Atlantis, des Luxor ou des Zuma. Mais, à côté, on trouve une petite dizaine de titres estampillés gamer, principalement en provenance du catalogue Ubisoft. Du Prince of Persia, du H.A.W.X. 2, voire, et c’est plus étonnant, du Beyond Good & Evil. Dans les mois qui viennent (si ce n’est déjà fait), Tintin, Toy Story 3, LEGO Pirates des Caraïbes, Pure, Split Second ou Assassin’s Creed II et d’autres devraient arriver, à raison d’un jeu par semaine.
  • La manette
    Très proche de l’esthétique de la manette de la Xbox et construite par Thrustmaster (modèle 3-en-1 Wireless), celle de SFR s’avère un petit peu décevante.
    Trop légère, avec des sticks un peu trop rapprochés, mais elle a pour elle l’absence de· liaison filaire, ainsi qu’un revêtement bien agrippant au niveau des paumes des mains. Vendue originellement à 20 euros, elle est aujourd’hui en réduction et disponible à 1 euro. À noter que toutes les manettes PC USB sont compatibles avec la Box SFR.
  • Avis
    Testé dans les locaux de SFR, via une connexion ADSL, on peut constater que le service fonctionnait plutôt bien, même si les jeux les plus exigeants (Prince of Persia : Les sables oubliés) avaient encore un peu de mal à afficher des textures propres. Évidemment, la qualité de cet affichage dépendra entièrement de Votre connexion (il faut compter 7 Mb pour profiter de la HD).
    Reste que pour un vrai joueur, l’offre proposée par SFR manque vraiment de jeux : pas de FPS, pas de rétro, pas de RPG, même si tous devraient débarquer dans les mois à venir, de même que les MMO. Encore un chouia léger, et les tarifs pratiqués sont un peu élevés pour les jeux dits gamers.
  • En résumé

Prix de l’abonnement :
– Tarif ADSL : 37,90 € / mois
– Tarif Fibre optique : 40,90 € / mois

Trois passes :
– Pass Découverte: 4,99 €/mois pour une sélection de 50 jeux casuel
– Pass Essentiel : 9,99 €/mois pour une sélection de 90 jeux (les casuals + des jeux plus évolués, comme Trine 2)
– Pass Intégral: 14,99 €/mois pour tous les jeux disponibles

De plus, il est possible de louer les jeux pendant 24h (1,99 à 4,99€ en fonction du jeu) ou d’en «acheter» l’utilisation illimitée pour 9,99€.

LA BBOX SENSATION DE BOUYGUES
Fournisseur cloud: Playcast

BBOX Sensation Cloud Gaming : Offre jeux à la demande

  • Le service
    Tout juste lancé avec la Bbox Sensation, le service de cloud gaming profite logiquement d’une interface plutôt jolie, très moderne, avec choix par genre sur de grandes vignettes qui occupent tout l’écran. Après quelques secondes, le jeu se met en charge et l’on se retrouve devant les classiques menus des jeux sur PC. Contrairement au service offert par G-cluster (Neufbox), ici l’offre est plus généreuse en gros jeux, avec la plupart des hits de l’année dernière. Comme chez SFR, le joueur dispose d’un espace de sauvegarde illimité, ces dernières étant conservées sur le serveur même si on arrête son abonnement au service de jeu.
  • Les offres
    Pas de demi-mesure chez Bouygues, ici, c’est le jeu AAA qui règne en maître. Du FPS (F.E.A.R 2, Metro 2033, Homefront), de l’action/aventure (Batman : Arkham Asylum), de la course auto (DiRT 2 et 3, Pure) et même de la baston (Street Fighter IV), l’offre est très orientée Gamer. Pour les joueurs plus jeunes, on trouve aussi du LEGO Harry Potter ou du LEGO Batman qui, comme chez SFR, profite d’une adaptation correcte. Actuellement, seule une quarantaine de jeux est proposée, mais le catalogue devrait s’étoffer très rapidement, Bouygues souhaitant s’investir dans le cloud gaming.
  • La manette
    Construite par BigBen, cette manette reprend plus ou moins la forme de la DualShock de la PlayStation 3. Agréable en mains, très ergonomique, elle ne jure que par ses boutons de façade (1, 2, 3, 4) et par sa finition, qui lui donnent un air de jouet. La croix est agréable pour les jeux de combat, mais les sticks sont un peu raides pour qui a l’habitude de la DualShock ou de la manette Xbox 360.
    En revanche, la manette Bbox est filaire. Un peu vieillot tout ça…
  • Avis
    Si les jeux ne sont pas de première jeunesse, l’offre de Bouygues intéressera bien plus les gamers que celle de SFR. Du bon, du très bon, avec des portages en amélioration constante. Injouable un mois avant la sortie de la Bbox, Batman : Arkham Asylum est, par exemple, aujourd’hui très praticable. Testé sur une ligne ADSL 8 Mo/s, les textures s’affichaient proprement (mais avec aliasing), et les séquences d’action étaient presque aussi vives que sur consoles. Le hic reste du côté des FPS, avec, lorsqu’on les a essayés, des latences importantes qui gâchaient vraiment le plais!r, ainsi qu’une visée problématique, la faute à des portages PC pas totalement optimisés.
  • En résumé

Prix de l’abonnement : 37,90 €/mois
Deux passes :
4,90 €/mois pour une sélection de 20
8,90 €/mois pour toute la sélection (40 jeux environ, dont les plus Gamers)

 

FREEBOX REVOLUITION
Fournisseur cloud : N.C.

Free Box Revolution Cloud Gaming : Offre jeux à la demande

 

  • Le service
    Ici, il ne s’agit pas de cloud gaming, puisque l’on charge chaque jeu sur sa Freebox, via le Freestore, comme sur une console classique. Bref, Free a encore du travail avant de s’aligner sur la concurrence.
  • Les offres
    Les jeux sont vendus à la pièce. Il s’agit principalement de jeux Gameloft en versions HD, parfois gratuits. Du Dungeon Hunter HD, du Shrek Kart … Bof. Ah, si, il y a Angry Birds aussi…
  • La manette
    Fourni gratuitement avec la Freebox Revolution, le gamepad filaire n’est pas agréable à l’œil, et encore moins au toucher. Et surtout, il semble avoir une légère tendance à tomber en panne.
  • Avis
    Une offre légère, des titres de qualité très variable. Le pire? Le prix très élevé de chaque jeu, comparé aux abonnements cloud des autres fournisseurs. Bref, le jeu sur Freebox n’est pas encore très développé.
  • En résumé

– Prix de l’abonnement : 29,99 €/mois
– Prix des jeux : Entre 4,99 € et 6,99 €

 

Et les autres FAI?

Maintenant que Bouygues et surtout SFR ont défriché le terrain du Cloud Gaming, d’autres acteurs se préparent à se lancer. Mais de tous, c’est le projet d’Orange qui semble le plus avancé, le plus excitant aussi. En effet, le 22 mars dernier, l’opérateur a lancé son réseau 4G sur la ville de Marseille pour effectuer des essais internes. Avec des flux 10 fois plus élevés que sur la 3G, Orange souhaite intégrer le cloud Gaming sur tablettes très rapidement, et ce sans passer par une box. Si aucune date n’a encore été annoncée, ni même les noms des éditeurs ou fournisseurs de solution cloud partenaires dévoilés, Orange semble bien décidé à aller plus loin que les autres fournisseurs en prônant le tout cloud! Évidemment, il faudra que le réseau et la couverture suivent et, comme on l’a déjà évoqué, c’est l’un des principaux problèmes du cloud gaming, il faudra donc être patient, car ce n’est pas demain que vous jouerez au prochain Call of Duty depuis votre tablette.

En conclusion

Difficile aujourd’hui de dire si l’offre de cloud gaming réussira, ou non, à s’imposer. D’abord, parce qu’en dehors de jeux indépendants, les gamers préfèrent visiblement le physique au dématérialisé. D’ailleurs, les éditeurs ne s’en privent pas en multipliant plus que jamais les éditions collector. Ensuite, parce que, même si les FAI semblent vouloir aller plus en avant encore, la technique ne suit pas à ce jour.
En effet, si certains titres passent sans problèmes (tous les jeux LEGO, n’ayant pas besoin d’afficher des textures complexes, profitent d’adaptations assez propres), pour la plupart, on constate des textures moins précises, des artefacts à l’écran, des temps de réponse parfois problématiques et une latence très perturbante (sur les jeux de combat, les FPS notamment). Enfin, avec leurs catalogues à mi-chemin entre le gamer et l’occasionnel, on a l’impression tenace que ces FAI veulent toucher un large public, mais sans trop savoir par quel biais.
En fait, même si ces services sont en marche depuis un an et demi pour certains, il est évident que tous tâtonnent encore. Logique, le marché du jeu vidéo a des spécificités qui lui sont propres, et il faut que les FAI et fournisseurs cloud les comprennent pour offrir le service le plus intéressant. Reste que, ainsi que les FAI l’ont mentionné, le but n’est pas de faire de l’ombre aux consoles ou aux PC/Mac – du moins, pas encore ! -, mais d’ouvrir une nouvelle voie, à côté, en marge des canaux habituels. L’objectif n’est donc pas tant de séduire le joueur déjà équipé que celui qui voudrait découvrir le jeu vidéo par un biais moins onéreux, sans équipement supplémentaire.

Alors, joueurs, faut-il craquer? Non. Pas encore. Au mieux, essayer les démos vous donnera une bonne idée du niveau actuel, et des progrès à venir. Mais, pour peu que vous soyez équipé PS3, Xbox 360 ou PC, tous les jeux disponibles sur ces services de cloud le sont aussi en physique, dans les boutiques ou en occasion. En fait, mieux vaut encore attendre quelques mois, peut-être un an ou deux, avant de profiter de la même qualité que sur support physique, et peut-être constater les prémisses d’une nouvelle manière de consommer. Et, de tous les genres qui paraissent intéresser les FAI, les MMORPG sont ceux qui sont revenus le plus souvent. SFR étant une filiale de Vivendi, l’apparition d’un World of Warcraft ne serait finalement pas étonnante.


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